Vu: Eyeball Massage — Pipilotti Rist

Dans une ville au métro suffocant, il est toujours agréable de pouvoir visiter une galerie climatisée.
L’exposition “Eyeball Massage” de Pipilotti Rist se tient à la Hayward Gallery – South Bank de Londres jusqu’au 8 janvier 2012; elle conjugue l’agréable à l’agréable.


Une trentaine d’œuvres y sont exposées. Toutes sont mises en scène; ce qui était linéaire est devenu fragmenté et spacial; tantôt le visiteur se contorsionne, tantôt il s’avachit.

La première salle n’est pas la plus intéressante; à l’entrée, un chandelier de type Buckingham constitué de sous-vêtements mixtes blancs sur lesquelles viennent glisser des images non-identifiables est à mettre en relation avec l’installation extérieure : mobilier urbain luminescent recouvert d’autres sous-vêtements qui, a contrario, fait ressembler la place de béton à une ruelle étroite dont le ciel est strié de fils à linge pointillés.

La salle suivante est bien plus intéressante. La pièce “Administrating Eternity” l’occupe en son entier, et, s’il m’est déjà arrivé d’appréhender ce type de projections globales sur supports semi-transparents verticaux avec coussins horizontaux, force est de constater que non seulement ici la forme de ces coussins s’intègre à l’installation, mais que les images s’adaptent particulièrement à la notion d’immersion confortable, pour une expérience inédite. Le son parachève le processus de délitement.

La troisième et dernière salle est constituée de divers espaces différemment cloisonnés.
Après avoir torturé la matière image, Pipilotti Rist torture la lumière. Certaines vidéos sont déformées par un angle de projection “indécent”, certaines sont nichées au fond de sacs à mains, dissimulées par des boules de cristal, d’autres jonchent le sols, minuscules ou gigantesques, tandis qu’une poursuite rouge erre entre les visiteurs.

J’ai été moins sensible aux images, certaines datent du milieu des années 80 et, si elles restent séduisantes par leur traitement, elles ne me parlent pas forcement beaucoup, qu’à la re-mise en scène qu’il en a été faite.

Comme d’autres vidéastes (Matthew Barney, Douglas Gordon), Pipilotti Rist s’est essayée au long métrage (pas vu):
Trailer de “Pepperminta” sur Youtube

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